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	<title>Le Blog sida &#187; Téchiné</title>
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	<description>Le Blog sida Éclairages sur la séropositivité et l’épidémie de sida</description>
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		<title>Ce fut surtout une histoire de feu et de sang</title>
		<link>http://blog.sida-info-service.org/2007/11/23/ce-fut-surtout-une-histoire-de-feu-et-de-sang/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Nov 2007 11:43:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Regis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En mars 2007, le site sida-info-service.org avait publié plusieurs chroniques à l’occasion de la sortie en salle du film d’André Téchiné, “Les Témoins“. Impliqués dans la lutte contre le sida depuis plusieurs années, avec des rôles différents, trois auteurs du Blog Sida avaient réagi après avoir vu le film. Nous publions ici la dernière chronique. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center">
<p style="text-align: center"><img src="http://blog.sida-info-service.org/wp-content/uploads/2007/11/lestemoins3b.jpg" alt="Les Témoins" /></p>
<p><em>En mars 2007, le site <a title="Sida Info Service - Les Témoins" href="http://www.sida-info-service.org/evenements/lestemoins/chroniques.php4" target="_blank">sida-info-service.org</a> avait publié plusieurs chroniques à l’occasion de la sortie en salle du film d’André Téchiné, “</em>Les Témoins<em>“. Impliqués dans la lutte contre le sida depuis plusieurs années, avec des rôles différents, trois auteurs du Blog Sida avaient réagi après avoir vu le film. Nous publions ici la dernière chronique.</em></p>
<p>Je souhaite revenir sur le film d’André Téchiné <em>Les Témoins</em>, car celui-ci ne me semble pas vraiment rendre justice ni à l’époque ni aux acteurs de ce que furent les premières années du sida en France. J’ai été notamment très frappé par l’espèce d’imperméabilité des personnages à ce qui leur arrive et plus précisément à ce qui arrive à l’un d’entre eux, subitement frappé par ce mal nouveau et mystérieux qui vient de surgir.</p>
<p>D’un bout à l’autre du film c’est comme si rien ne devait véritablement les atteindre, au point de changer quoi que ce soit à leurs itinéraires personnels, leurs personnalités ou le regard qu’ils portent sur le monde qui les entoure. La section finale du film qui reprend exactement les mêmes personnages qu’au début pour leur faire rejouer exactement les mêmes scènes, à peine à distance de ce qui est pourtant censé représenter le point de rupture du film, à savoir la mort du jeune homme, illustre parfaitement, je trouve, cette mise à distance de tout enjeu existentiel véritable dans ce qui leur arrive.</p>
<p>On sait que cette position de retrait fut malheureusement celle adoptée par la grande majorité des protagonistes de ce nouveau mal épidémique, dans les années 1984-1987 (y compris dans la communauté gay), entraînant avec lui son lot de désolation et laissant libre cours, surtout, à une diffusion incontrôlée du virus au sein de populations rendues ainsi particulièrement vulnérables. Certes, il était littéralement impossible de s’abstraire complètement de ce qui était en train de se passer (ne serait-ce que parce que de nombreux proches étaient touchés), mais une forme particulière de mise à l’écart se mit alors en place qui nouait la proximité la plus évidente à une mise à distance discrète mais résolue des premières personnes touchées par la maladie.</p>
<p>Aides (incarnée ici par Michel Blanc) est née de cette discrimination affective d’ordre privé tout autant que des discriminations sociales d’ordre public qui se mettaient elles aussi discrètement en place, les unes venant compléter et renforcer les autres dans une espèce de conjuration collective de la maladie et de la mort.</p>
<p>Le film de Téchiné rend compte de cela en le valorisant et en même temps le masque subrepticement en mettant en scène le personnage improbable du médecin hospitalier incarné par Blanc, censé rendre compte tout à fois de l’enfermement dans un égocentrisme tour à tour virulent et désemparé et de l’engagement militant d’une minorité d’hommes courageux et déterminés. Cette contradiction du personnage permet de fermer la parenthèse sur ces années cruciales en égalisant artificiellement l’attitude des uns et le comportement des autres, dans une espèce d’évocation solaire joliment mise en scène d’un été d’insouciance et de bonheur. Ce travail très particulier sur le souvenir et les méandres de la mémoire permet alors à l’auteur d’en appeler discrètement à l’oubli dans une scène finale que je trouve d’une rare violence cinématographique, tant elle est construite sur ce qui ne fonctionnait que trop bien à l’époque et fut d’une si redoutable efficacité : une certaine forme de désinvolture affective liée à un narcissisme de groupe proprement inentamable.</p>
<p>Téchiné fait partie de ces artistes qui ne voulurent rester, à l’époque, que des « témoins » de cette tragédie, avec tout ce que ce terme emporte de confrontation forcée à des événements redoutables et de distanciation immédiate vis-à-vis de ceux-ci, comme si tout cela engageait trop d’audace à sortir de soi pour être vraiment tout à fait fréquentable. Une certaine « intelligentsia de gauche » (comme l’on disait à l’époque) s’y complut jusqu’à l’excès et bien rares furent celles et ceux qui osèrent s’engager plus avant dans la fournaise où pourtant nous étions tous (et eux pas moins que nous) censés être en train de brûler. Réécrire aujourd’hui cette histoire, la mettre en images, la donner à voir et à commenter à un large public, ignorant des réalités dramatiques de l’époque, emporte une responsabilité particulière que l’auteur des <em>Témoins </em>ne me semble assumer que de manière très partielle et pour le moins très confortable.</p>
<p>Il n’est pas vrai en effet que tout se passa de manière si joliment fluide que conté dans le film : ce fut surtout une histoire de feu et de sang, d’abandons brutaux et honteux, de petites lâchetés affectives et de grandes peurs humaines devant la mort, avec des « intellectuels de gauche » silencieux, des cinéastes « avant-gardistes » aux abonnés absents et des petits jeunes de province qui mouraient seuls dans des chambres d’hôpital sordides où nous étions les seuls à oser venir les rencontrer.</p>
<p align="center"><img src="http://blog.sida-info-service.org/wp-content/uploads/2007/11/podcast.jpg" alt="" /></p>
<p align="center">Écouter l&#8217;entretien avec André Téchiné réalisé par Sida Info Service</p>
<p align="center">
<p>Crédits photo : © UGC Distribution</p>
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		<title>L’épidémie de sida balance elle aussi entre ces mots : frayeur et enchantement</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Nov 2007 13:54:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En mars 2007, le site sida-info-service.org avait publié plusieurs chroniques à l’occasion de la sortie en salle du film d’André Téchiné, “Les Témoins“. Impliqués dans la lutte contre le sida depuis plusieurs années, avec des rôles différents, trois auteurs du Blog Sida avaient réagi après avoir vu le film. Nous republions ici, au cours des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><img src="http://blog.sida-info-service.org/wp-content/uploads/2007/11/lestemoins2b.jpg" alt="Les Témoins" /></p>
<p><em>En mars 2007, le site <a href="http://www.sida-info-service.org/evenements/lestemoins/chroniques.php4" title="Sida Info Service - Les Témoins" target="_blank">sida-info-service.org</a>  avait publié plusieurs chroniques à l’occasion de la sortie en salle du film d’André Téchiné, “</em>Les Témoins<em>“. Impliqués dans la lutte contre le sida depuis plusieurs années, avec des rôles différents, trois auteurs du Blog Sida avaient réagi après avoir vu le film. Nous republions ici, au cours des prochains jours, leurs chroniques.</em></p>
<p><em>Personne ne vient par hasard à Sida Info Service (SIS)</em>. Depuis que je suis arrivé à l’association en 1999, d’abord comme écoutant, ensuite comme rédacteur, j’entends cette antienne. Tous, bénévoles ou salariés, nous la répétons, sûrs d’avoir frappé un jour à la porte de SIS parce que pédé, parce que séropositif, parce que proche d’une personne touchée, ou pour une autre raison encore.</p>
<p>Ce sentiment d’appartenance à une cause, la lutte contre le sida, constitue le lien qui unit les membres de notre communauté, en dépit de nos différences et de nos parcours. Certes, être arrivé en 1990 lorsque l’association a été créée, n’a pas le même sens que pour celui ou celle qui a franchi la porte de SIS dans les années 2000. Le contexte du sida a changé. En France, grâce aux trithérapies, on meurt moins, et le cimetière du Père-Lachaise n’est plus aussi fréquenté que durant les années terribles.</p>
<p>Je me fais cette réflexion après être allé voir le dernier film d’André Téchiné, <em>Les Témoins</em>. L’histoire ? Manu, un jeune homosexuel, débarque à Paris au cours de l’été 1984. Sur un lieu de rencontres, il fait la connaissance d’un médecin, qui le présentera à Sarah et Medhi, jeunes parents d’un premier enfant. Au cours des mois qui suivront, une passion amoureuse traversera ces quatre personnages à l’heure du sida, et ceux qui ne mourront pas verront leur vie transformée.</p>
<p>« Etre passé à travers cette épidémie a été fondateur, dit Téchiné. J’avais envie d’en parler, parce que c’est quelque chose qui a beaucoup changé ma vie, ma façon de concevoir les relations, cela m’a fait comprendre que je n’étais qu’un simple mortel. »</p>
<p>Mortel, oui. En 1984, j’avais 22 ans, sans doute le même âge que Manu dans le film. J’aurais pu être lui si mon parcours avait été différent. Si mon père n’avait pas eu un cancer, s’il n’était pas mort l’année de mes 15 ans, si je ne m’étais pas « retiré » du monde à partir de cet instant. J’aurais pu être lui, homosexuel libre et sans tabous jouissant des plaisirs de la vie, et j’aurais pu être contaminé par le virus du sida. En quelque sorte, parce que je n’ai pas vécu pleinement mon homosexualité au cours de ces années 1980, j’ai été sauvé. Ensuite les messages de prévention largement diffusés et suffisamment audibles, m’ont permis de ne pas commettre trop d’écarts…</p>
<p><em>Les Témoins</em>, « un film historique » , dit encore Téchiné, « même si sa forme est celle d’un conte, un conte pour adultes avec un mélange de moments d’enchantement et de frayeur ». L’épidémie de sida, me semble-t-il, balance elle aussi entre ces mots : frayeur et enchantement. Frayeur pour les séropositifs dont les traitements ne fonctionnent plus, enchantement lorsque de nouvelles molécules ravivent l’espoir. Frayeur quand certains prônent la pénalisation de la transmission du VIH lors de rapports sexuels, enchantement en constatant que des couples séropositifs peuvent profiter, en France en tout cas, de la procréation médicalement assistée pour réaliser leur projet parental.</p>
<p>A la fin du film d’André Téchiné, Manu, très affaibli par le sida, demande à se promener dans Paris. Après s’être maquillé pour estomper les stigmates de la maladie qui agressent son visage, il se rend avec son ami Adrien sur les quais, là où il pourra encore, sans doute pour la dernière fois, rencontrer des garçons. Adrien n’est pas d’accord, il s’inquiète de la faiblesse de Manu, veut le ramener à la maison. « Ca sert à quoi ! » s’exclame-t-il. Alors Manu se tourne vers lui et répond : « Même si ça ne sert à rien, il faut que j’y aille. ». Pour moi, cette phrase possède la force et la justification qui incitent à rester dans la vie, quoi qu’il arrive. Et démontre aussi pourquoi être à Sida Info Service ne relève pas du hasard.</p>
<p>Crédits photo : © UGC Distribution</p>
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		<title>Il est le témoin de ce moment que certains d’entre nous se rappellent encore&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Nov 2007 15:32:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Docteur Michel Ohayon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En mars 2007, le site sida-info-service.org avait publié plusieurs chroniques à l&#8217;occasion de la sortie en salle du film d&#8217;André Téchiné, &#171;&#160;Les Témoins&#171;&#160;. Impliqués dans la lutte contre le sida depuis plusieurs années, avec des rôles différents, trois auteurs du Blog Sida avaient réagi après avoir vu le film. Nous republions ici, au cours des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><img src="http://blog.sida-info-service.org/wp-content/uploads/2007/11/lestemoinsb1.jpg" alt="Les Témoins" /></p>
<p><em>En mars 2007, le site <a href="http://www.sida-info-service.org/evenements/lestemoins/chroniques.php4" title="Sida Info Service - Les Témoins" target="_blank">sida-info-service.org</a>  avait publié plusieurs chroniques à l&#8217;occasion de la sortie en salle du film d&#8217;André Téchiné, &laquo;&nbsp;</em>Les Témoins<em>&laquo;&nbsp;. Impliqués dans la lutte contre le sida depuis plusieurs années, avec des rôles différents, trois auteurs du Blog Sida avaient réagi après avoir vu le film. Nous republions ici, au cours des prochains jours, leurs chroniques.</em></p>
<p>Quel peut être le sens, aujourd’hui, de filmer le sida tel qu’il était au début des années 1980 ? La question est posée par André Téchiné, qui sort son dernier opus <em>Les Témoins</em>, et rend compte de l’irruption, en 1984, de la maladie, au sein d’un petit groupe d’amis. La filmographie du sida (car il y en a une), s’enrichit à nouveau, après un certain temps marqué par l’oubli de l’infection et son impact, son assimilation peut-être, à un pas de la banalisation dont nous nous satisfaisons tout en la déplorant.</p>
<p>Quelques films marquant ont jalonné cette histoire, avec plus ou moins de bonheur ou d’impact (on se rappelle les réactions suscitées par <em>Les Nuits fauves</em> de Cyril Collard, <em>N’oublie pas que tu vas mourir</em> de Xavier Beauvois, ou <em>Jeanne et le garçon formidable</em> de Ducastel et Martineau, pour s’en tenir à la production française), déroulant la chronique des morts annoncées. Et plus grand chose. Si, le magnifique <em>Drôle de Félix</em> des mêmes Ducastel et Martineau nous montrait un séropositif heureux, qui avait des choses autrement plus importantes à régler que sa maladie… Un discours paradoxalement militant, lumineusement incarné par Sami Bouajila, qu’on retrouve d’ailleurs dans <em>Les Témoins</em>, un prix d’interprétation cannois plus tard.</p>
<p>Le spectateur fidèle de Téchiné retrouve avec confiance certains thèmes récurrents du cinéaste. L’arrivée du jeune homo à Paris, l’initiation par un plus âgé (le mentor étant ici le platonique Michel Blanc), les prostitués des deux sexes, et, avant tout, l’éveil du désir. Alors que le destin du héros, Manu, est tragique, celui-ci débarque à la capitale sans complexes, avide de vie, sans tentation de destruction (contrairement à Manuel Blanc dans<em> J’embrasse pas</em>) ni culpabilité (ce qui n’était pas tout à fait le cas de Gaël Morel dans <em>Les Roseaux sauvages</em>). Il est le témoin de ce moment que certains d’entre nous se rappellent encore, où la mort défiait le sens et où les gays se sont répartis en malades et en survivants.</p>
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<p>Selon son âge, son parcours, chacun s’identifiera à l’un ou l’autre des personnages. Ou à plusieurs. En 1984, j’avais pour ma part l’âge de Manu, et il s’en serait fallu de peu que je me reconnaisse dans Adrien, le médecin qui prend la mesure des choses. Homo planqué, bébé médecin, j’ai échappé à un destin qui a fauché ma génération, grâce auquel j’ai été épargné par le virus et pu devenir un médecin du sida qui soigne (j’ai commencé à me consacrer à cette maladie en 1987, au moment exact où arrivait l’AZT), et non pas celui qui regarde seulement mourir. C’est un peu ce que dit Téchiné (et d’autres) de sa propre histoire, et pousse à témoigner.Mais témoigner de quoi ? <em>Les Témoins</em> semble vouloir nous rappeler une époque désormais révolue, afin que nul n’oublie. Louable intention. Et il y a une émotion presque malsaine pour nous autres, désormais vieux acteurs de la lutte et surtout survivants, à nous remémorer ces instants terribles qui ont donné à nos vies un cours inattendu mais aussi un sens. Un soulagement aussi, les choses n’étant plus ainsi. A quelques- unes près.</p>
<p>Car si la fin ne survient pas avec la même force arbitraire, si nous ne sommes plus désemparés devant une maladie totale et inconnue, nous sommes encore les témoins de la mort qui continue, de la souffrance qui ne s’arrête jamais, et de tout ce qui fait que, même à l’ère des antiviraux, le VIH continue d’abîmer ceux qui le portent, à défaut de les tuer inéluctablement.</p>
<p>Quelques anachronismes m’ont surpris. Les tests sont apparus en 1985 (et non pas en 1984), la Twingo vers 1989 si j’ai bonne mémoire, et il est surprenant qu’un artiste aussi méticuleux que Téchiné ait laissé échapper des imprécisions de cette sorte. Les draps verts, non plus, n’existaient pas dans les hôpitaux parisiens en ce temps-là. Et, surtout, ils n’étaient pas marqués « Hôpitaux de Paris 2006 ». Alors, plutôt que de persifler, disons-nous qu’il y a peut-être là un message.</p>
<p>Car rien n’est vraiment anachronique dans cette histoire. La maladie existe toujours, on l’a dit. Mais surtout, même si l’on parle de reprise des contaminations ces dernières années, c’est oublier qu’elles n’ont jamais cessé de survenir.</p>
<p>Et le parcours du héros, <em>Nouveau venu</em> selon le titre du livre qu’écrit Emmanuelle Béart pour témoigner de cette aventure (et offrir un fil conducteur au film), est toujours le même qui conduit les jeunes gays à venir à la capitale, vivre leur sexualité avec la joie qu’on n’a qu’à 20 ans, et, pour certains d’entre eux, se contaminer peu après leur arrivée sans comprendre ce qui leur est arrivé et devenir d’un coup plus vieux de vingt ans, comme s’ils avaient eu 20 ans à l’époque du film.</p>
<p>Rien n’a changé, qu’en apparence. Les « Témoins » sont aujourd’hui des hommes mûrs, qui ont échappé à la contamination à cette époque, et sont aujourd’hui les premières nouvelles victimes du VIH. Les témoins sont aussi ces bâtons qu’on se passe l’un à l’autre lors des courses de relais, et qu’on se passe toujours inlassablement.</p>
<p>Le sida existe toujours.</p>
<p>Crédits photo : © UGC Distribution</p>
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