Éclairages sur la séropositivité et l’épidémie de sida

AIDS 2008 : En attendant la conférence… (1/5)

23 juillet 2008 par Alain Miguet | Pas de commentaires »

AIDS 2008

La 17ème Conférence internationale sur le sida se déroule à Mexico du 3 au 8 août 2008. Découvrez les témoignages d’acteurs associatifs et de médecins impliqués au quotidien dans la lutte contre le sida. Aujourd’hui, Omar Diop, directeur de Médecins d’Afrique / Europe. (1/5)

Médecins d’Afrique International est né au Sénégal en 1991. A l’origine, l’idée était d’aider les populations rencontrant des difficultés d’accès aux soins dans les quartiers populaires de Dakar. Aujourd’hui,  notre dimension n’est plus seulement africaine puisque l’association est présente à Paris, où la branche Médecins d’Afrique / Europe travaille dans une vingtaine de foyers de travailleurs migrants. Nous organisons des réunions d’information sur l’accès aux soins animées par des médecins sur des thématiques prédéfinies. Des permanences santé, animées par des médiateurs, accueillent, suivent et orientent les résidents au sein d’un réseau de soins tissé au fil des années par l’association. Un atelier nutrition propose des repas africains préparés pour les patients séropositifs d’origine africaine séjournant à l’hôpital. Il s’agit d’améliorer la qualité de vie de ces personnes en sachant qu’elles ont du mal à s’adapter à la nourriture européenne.

En Afrique, l’association apporte un appui aux structures sanitaires que ce soit les grands hôpitaux comme l’hôpital principal de Dakar ou l’hôpital Gabriel Touré de Bamako, ou les centres de santé situés en banlieue et en régions. Notre appui est médical et matériel avec des dons comprenant des lits, des tables d’examen ou d’accouchement, et même des blocs opératoires comme pour l’hôpital central de Yaoundé.

L’association ne s’occupe pas que de VIH car un médecin africain doit se consacrer à toutes les maladies qui touchent l’Afrique. Cependant le sida représente le deuxième de nos programmes avec une part importante consacrée à la formation des médecins locaux. Nous avons commencé en 2001 avec un séminaire de formation sur la prescription des antirétroviraux. C’est à  cette époque que les ARV sont arrivés en force sur le continent et beaucoup se posaient la question de leur maniement. Un réseau de médecins africains prescripteurs des ARV a été constitué en lien avec le CRIPS*. Le but était non seulement de former les médecins non initiés et d’actualiser les connaissances des médecins initiés. Beaucoup avaient en effet une formation de base mais n’étaient pas au parfum de l’évolution de la recherche et de la prise en charge. Quatre séminaires ont été organisés, dont le dernier début 2008 à Cotonou au Bénin.

Les grandes conférences internationales sont utiles en termes d’échange de connaissances et de pratiques. Nous, les Africains, nous attendons une suite dans l’évolution de la prise en charge du sida en Afrique. Une suite concrète. A Bamako, notre séminaire a permis la naissance d’un nouveau programme de prise en charge de l’allaitement du nourrisson né de mère séropositive. Dans nos séminaires, nous essayons toujours d’intégrer une démarche de suivi invitant les médecins à faire une restitution de leurs pratiques de terrain au bout d’un certain temps. Se rencontrer pour discuter, c’est bien. Ne plus se contacter, c’est assez dommage. Jusqu’à présent, il y a eu trop de rencontres avec champagne, caviar et grands hôtels, sans suite.

*Centre Régional d’Information et de Prévention du Sida (France)

Séjour en Europe ? Pensez à la CEAM !

18 juillet 2008 par Alain Miguet | Pas de commentaires »

La Carte Européenne d’Assurance Maladie

Cet été, vous partez en vacances dans un pays de l’Espace économique européen (E.E.E.) ou en Suisse ? Pensez, avant de partir, à demander votre Carte Européenne d’Assurance Maladie (elle remplace le formulaire E111).

La CEAM vous ouvre les droits en vigueur dans le pays où vous séjournez. Il ne s’agit pas d’une prise en charge à 100 %, d’autant que votre mutuelle ne couvre pas nécessairement les frais complémentaires (se renseigner auprès de la mutuelle avant de partir). Elle ne permet pas non plus la prise en charge des soins programmés (qui peuvent être pris en charge, avec le formulaire E112).

Il vaut mieux, le cas échéant, se renseigner sur le système de soins du pays. Par exemple, en Espagne où existent un système public et un système privé, la CEAM vous permet d’être pris en charge complètement dans le service public. Vous n’aurez en revanche aucune prise en charge dans le secteur privé. Les données pays par pays sont disponibles sur le site de l’assurance maladie et sur le site Europa.

Demandez votre carte européenne d’assurance maladie au minimum deux semaines avant votre départ.

Pour l’obtenir, adressez-vous à votre caisse d’Assurance Maladie. Aucun document n’est à fournir lors de votre demande. Cette carte, valable un an, est individuelle et nominative.

Chaque membre de la famille doit avoir la sienne, y compris les enfants de moins de 16 ans.

Si votre départ est imminent, vous pourrez obtenir un Certificat provisoire, valable 3 mois, qui ouvre les même droits.

173 millions d’Européens possèdent aujourd’hui la Carte Européenne d’Assurance Maladie. Lancée il y a quatre ans, seuls 8 % des Français en possèdent une, contre 97 % des Italiens, 96 % des Autrichiens et 96 % des Suisses.

Edvige : l’Intérieur admet le fichage de « certains » séropos

15 juillet 2008 par Alain Miguet | Pas de commentaires »

Gérard Gachet, porte-parole du ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, a répondu ce week-end au journal Têtu,  qui a révélé la semaine dernière l’existence du fichier « Edvige », autorisant les services de police à enregistrer désormais des données sur l’homosexualité d’une personne, ainsi que son statut sérologique.

Voici un extrait de sa déclaration : Conformément aux règles générales de la loi de 1978 révisée, dans le cadre de laquelle s’inscrit ce décret [décret du 27 juin 2008, NDLR], les données sur la santé ou la sexualité ne sont pas enregistrées pour elles-mêmes. Leur mention n’est autorisée que pour un besoin incident lié à une activité. Dans le domaine du renseignement, il s’agit essentiellement, pour la finalité 1, du militantisme. Ainsi, pour pouvoir enregistrer que quelqu’un est responsable d’une association professionnelle d’homosexuels, il faut autoriser, au titre de l’association, la caractéristique dite sensible.  De même, au titre de la finalité 2, un militant d’une association servant une cause médicale, qui aurait participé à une intrusion violente dans un ministère ou une préfecture, sera intégré au fichier avec la finalité, médicale, de sa cause. Ce ne sont donc pas les personnes qui en tant que telles sont caractérisées.

Il en résulte que de toute façon, ces mentions ne peuvent apparaître par nature, en vertu de la règle générale sur ce type de données, que de façon incidente (v. 2) et à condition que cela soit nécessaire aux finalités 2 et 3, conformément à l’article 6 de la loi du 6 janvier 1978. A rappeler d’ailleurs que la CNIL a un droit de contrôle sur ce fichier, qui porte sur tout et donc aussi sur cet aspect.

La réponse intégrale de Gérard Gachet sur le site de Têtu

Réactions à Edvige

11 juillet 2008 par Alain Miguet | Pas de commentaires »

Les réactions ont été nombreuses à la suite de l’annonce de la création par le ministère de l’Intérieur du nouveau fichier de renseignement «Edvige» (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale).

Selon le journal Têtu, qui a révélé cette information avant hier, les services de police pourront désormais enregistrer des données sur l’homosexualité d’une personne, ainsi que son statut sérologique. Ces données seront traitées par la direction centrale de la Sécurité publique.

Pour Act Up-Paris, par exemple, il s’agit d’un flash-back étourdissant sur les années 50, et ajoute c’est donc clair : pour Nicolas Sarkozy comme pour Michèle Alliot-Marie, l’homosexualité et les problèmes de santé comme le sida sont potentiellement porteurs de « troubles à l’ordre public ».

Sur un plan juridique, le Syndicat de la Magistrature, la CGT, la FSU, Solidaires, le Syndicat des Avocats de France et la Ligue des Droits de l’Homme se sont entendus pour déposer un recours contre ce décret devant le Conseil d’Etat.

Edvige, les séropos et les gays

10 juillet 2008 par Alain Miguet | Pas de commentaires »

Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, profite de la réorganisation des services de renseignement pour permettre le fichage de la santé et de l’orientation sexuelle de certains citoyens grâce au nouveau fichier de renseignement «Edvige» (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale).

Selon le journal Têtu, les services de police pourront désormais enregistrer des données sur l’homosexualité d’une personne, ainsi que son statut sérologique. Ces données seront traitées par la direction centrale de la Sécurité publique.

Le journaliste de Têtu Stéphane Garneri précise que la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a souhaité que le décret définisse explicitement la nature des données [dites sensibles, parmi lesquelles figurent la santé et la vie sexuelle] qui seraient susceptibles d’être enregistrées […] et précise, en outre, que lesdites données ne pourront être enregistrées que dans la stricte mesure où les finalités du traitement l’exigent. Or cette recommandation n’a pas été prise en compte.

L’intégralité de l’article de Têtu