Le Blog sida Éclairages sur la séropositivité et l’épidémie de sida

Je vais bien malgré ma solitude

19 juillet 2011 par laurent |

Marie vit avec le VIH, contaminée à l’adolescence par un homme qui se disait séronégatif parce qu’il ne pouvait pas croire à sa propre séropositivité. Aujourd’hui âgée de 34 ans, elle raconte son histoire sur le blog de SIS et fait un bilan partiel de ce que le VIH a changé dans sa vie, pour les autres séropositif-ves.

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Je n’aurai jamais cru faire cela : parler de la séropositivité comme ça. Ceci dit, je ne suis pas connue, et puis c’est pour les séropos. Je ne prends pas beaucoup de risques ou je ne les vois pas. C’est bien le problème d’ailleurs : ne pas voir les risques. Pas facile de parler de cela.

A 17 ans 1/2, j’ai rencontré un homme de 5 ans de plus que moi. Avec les garçons, à l’époque déjà ce n’était pas simple. Avec lui apparemment, tout l’était alors j’ai sauté dans le train, façon de dire. Si je m’étais doutée où il m’emmenait et le prix du billet, j’aurais réfléchi à deux fois.

Il était hémophile mais m’a juré-promis des milliers de fois qu’il était négatif. Je ne sais pas pourquoi je l’ai cru, et envers et contre tout, je lui ai fait confiance : 5 ans de vie commune. Nous vivions ensemble, avons fait construire une jolie maison et projetions d’avoir un enfant. J’avais même arrêté la pilule pour le concevoir. Puis pour des raisons financières (je ne peux pas dire aujourd’hui que c’étaient les raisons réelles, mais ce sont celles qui ont motivé mon départ pour 5 mois à l’époque), je suis partie faire une saison. Il est venu me voir 2 ou 3 fois durant ces 5 mois. Plus les jours passaient, plus je m’éloignais de lui et plus il voulait se rapprocher de moi et m’épouser.

Je suis retournée auprès de lui après cette absence, et j’allais mal moralement et physiquement. Je ne savais pas ce que j’avais. J’ai cru que c’était le retour, puis des mycoses, des infections urinaires, de l’eczéma et pour finir, des ganglions et rien ne me guérissait vraiment. Certes, rien de grave en apparence. Mon médecin traitant me prescrit des analyses HIV, hépatites etc. pour voir d’où cela peut venir.

Ce médecin, qui me suit depuis toute petite, me rappelle quelques temps après pour me dire qu’il y a un problème au niveau des prises de sang. Il faut les refaire. Il me dit que c’est sûrement le labo. Finalement, il me rappelle et me dit de venir au cabinet, qu’il doit me parler. Là, bien sûr je finis par comprendre, alors j’en parle à mon ami qui me dit que tout va bien : il est HIV négatif. Je vais donc voir mon médecin qui m’apprend que je suis séropositive.

Je rentre pour annoncer cela à mon futur ex, qui nie encore et me redit que cela ne peut pas être lui. Il était le premier et le seul, et j’avais fait une sérologie HIV juste avant d’avoir des relations sexuelles avec lui. Il a maintenu cela longtemps, et il l’affirmait déjà avant moi, apparemment. Même après, avec les autres filles, il n’a jamais admis être séropo. Et il me demandait de faire comme lui. J’avais 22 ans. J’ai essayé. Pleuré comme je ne pensais pas qu’il était possible de pleurer et quand j’y pense, cela me fait encore monter les larmes aux yeux. Et puis j’ai fini par le quitter, cela fait 14 ans maintenant.

J’ai eu une autre relation de 4 ans, trois aventures et des histoires platoniques. Et maintenant, c’est l’impasse. Pourtant, je suis encore jeune mais ce n’est pas si simple. Salut, je suis séropo, ça va ? C’est clair,  ça devrait être aussi simple que ça, n’est ce pas ? Oui, enfin l’autre en face de vous, lui, ne l’est pas forcément – et tant mieux pour lui. Alors il faut une sacrée dose d’amour pour soi pour réussir à vivre avec cette maladie. Certes, avec toute maladie ? Enfin, celle ci, c’est une MST.

Je fais beaucoup de médecine alternative, de reiki énergétique, et je fais attention à mon hygiène de vie. J’ai lu des livres  comme “guéris toi du SIDA” et autres “comment je me suis guéri du SIDA” : des livres pleins de messages d’espoir, qui m’ont permis de faire un vrai travail intérieur et d’apprendre enfin qui je suis, même si je n’ai pas encore réussi à tout découvrir de moi parce que je ne m’accepte pas vraiment comme je suis. J’y tends et travaille à cela. Certes, ce n’est pas de la médecine traditionnelle, mais tout cela m’aide.

Je prends la trithérapie depuis le début, avec des hauts et des bas depuis deux ans. Je la prends correctement, j’ai un chouette médecin. Je vais bien malgré ma solitude. Je crois que c’est ce qui me pèse le plus. De toute façon, avant le HIV, j’étais seule aussi.

Pour dire vrai, cette maladie n’a fait qu’amplifier ce qui était déjà, et m’a aussi permis de prendre conscience que j’avais un corps et que je devais en prendre soin. Elle a transformé ma vie en mieux. C’est incroyable et pourtant vrai : grâce à elle, j’ai découvert des choses et des gens merveilleux, et aujourd’hui je vois la vie, les gens, ma famille, la Terre d’une toute autre façon. J’apprends enfin à vivre, à respecter et aimer ma vie, et surtout à aimer vivre. Merci de m’avoir permis de vous écrire cela. Cela m’a fait beaucoup de bien de pouvoir m’ouvrir à vous, chose que j’ai tant de difficultés à faire. S’ouvrir à la vie, aux autres, à nous.

Marie

Crédit photo : © Tous droits réservés

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  1. 6 réponses à l'article “Je vais bien malgré ma solitude”

  2. Par laurent le 3 octobre 2011

    Bonjour, le blog sida a connu un problème majeur fin août 2011, qui a provoqué une perte importante de données depuis mars 2011, dont les deux commentaires de ce billet.
    Nous tenons à présenter nos excuses à Marie, ainsi qu’aux deux personnes dont le commentaire a disparu.
    La rédaction

  3. Par laura le 4 octobre 2011

    j’avais un copain pendant 3 ans et demi on c ‘est éloigner petit a petit il avait son travail de nuit et moi la journée on ce voyait plus,j adorer qu’on fasse l amour et un jour pendant 2 mois ns n avons rien fait,je me poser des questions je lui lancer des piques mes rien ne le fessait réagir…Un jour un homme ma séduite sur internet on a fait connaissance et on c est vu pour des câlins coquin,pendant 2 mois on ce protéger,parce que je ne pouvais plus prendre la pillule car j avais fai un risque d embolie pulmonaire quelques mois avant ma gynéecolgue m avait conseiller d arreter et de faire attention,bref donc en mi septembre ,par après il me dit que j été sa chérie,qu’il voulais qu’on s installe ensemble,moi surprise j été toujours avec mon copain. Au final mon sex friend on la refais l amour une dernière fois et on l avais fait avec préservatif et elle c est rompu,j’ai appeler ma gyneco pour prendre la pillule du lendemain,mais jamais je n aurait penser 2mois plus tard faire un test car j avais rompu avec mon copain de 3 ans et demi et je lui avait tout dit,mon amant plus de nouvelle,et g fait un test vih comme sa je me disé pour le prochain je suis en règle et la problème le laboratoire m appel pour me dire qu’il y a un problème donc j’y retournent fin d après -midi le lendemain résultat positif j’ai voulu me tuer j en pleuré tout les soirs,je suis aller dans un centre de dépistage pareil 1 semaine après toujours le même résultat on m explique que c est tout récent,pas besoin de médicament que si je voulais il y avais un médecin spécialiser soit à l’hôpital avec l’aide d’un psychologue soit chez un particulier,moi j’ai préféré aller chez le particulier, ma famille ne sont pas au courant je les préserves,il y a quelques personnes proches qui le sont.J’ai envoyer un sms à mon ex amant et il ma dit c ‘est pas moi,j’ai rien sa doit être ton copain,à qui j’ai envoyer aussi le sms et lui ma dit je l’ai fait quand on a rompu et je n’ai rien,il ma montrer la feuille ou y avais écrit négatif,mon ex amant il a plusieurs conquête des femmes mariés, des célibataires mais l’IST va à une vitesse grand V,depuis mon ex de trois et demi ma soutenu,mais il n est toujours pas aussi présent qu’avant,je l attend patiemment,mais je pense que je vais lui rendre sa liberté car ns ne sommes plus de la même sérologie à présent et si il attraper cette maladie je me le pardonnerai jamais même si on fait super attention à tout.voila au jour d’aujourd’hui je vie avec la maladie c’est mon secret à moi.

  4. Par Elise le 6 décembre 2011

    Bonjour,
    les deux témoignages sont très instructifs. Je suis une jeune fille presque adulte et pour moi c’est important de lire ces témoignages, quand on nous dit protégeait vous souvent on ne le prend pas au sérieux. Des témoignages comme ça devrait être lu aux adolescents car c’est important. On a pas fini de vivre si on a le VIH, on est juste malade comme d’autres sont malades. Il ne faut pas que les séropositifs soient exclus !
    Merci pour vos témoignages

  5. Par Elisa le 2 janvier 2012

    Bonjour,

    Merci pour ce témoignage… prenant ! On se sent moins seul : jeune et séropositive.
    J’ai 21, et cela fait deux ans que je suis séropositive pour un peu les mêmes raisons que toi.
    J’ai pu que très rarement lire des femmes contaminées relativement jeune, et savoir ce qu’elles en pensent. Donc merci à toi pour ta publication !
    Bonne continuation !

  6. Par Nel le 17 octobre 2012

    Salut les filles,
    Merci bien pour vos témoignages, qui nous montrent combien on est pas seuls à vivre avec ce que j’ai baptisé (ma compagne) depuis 9 ans et 8 mois.
    Au début, on a vraiment l’impression que le ciel nous tombe sur la tête, puis on se demande si on doit continuer ou non à vivre.
    Pour ma part, je pense que bien que difficile au début, j’ai en suite été soutenue par mes proches (mon beau père et mon meilleur ami), puis, j’ai du attendre 9 mois, pour le dire à ma mère, car je ne pouvais le faire à distance, il me fallait le lui dire en face.
    Ma mère m’a toujours soutenue et aujourd’hui, j’ai aussi l’une de mes soeurs qui est au courant car je pense qu’il est crutiale d’informer au moins des membres de la famille.
    J’ai une relation avec un homme depuis 2007 et il est au courant de mon statut.
    Au début, j’avais pensé qu’il me quitterait, car il est séro-, mais, non, il est et demeure aussi présent et aimant qu’au premier jour.
    Il est marié et a 2 enfants.
    Nos rapports sont toujours protégés et parfois, je voudrais lui rendre sa liberté, mais lui reste présent et me dit sans cesse que jamais il n’abandonne un ami.
    Parfois, je me dis qu’il reste avec moi par sens du devoir, puis je me dis « on ne met pas sa vie en danger ainsi que par sens du devoir ».
    Pourtant, un jour, peut être il me faudra lui rendre sa liberté.
    Il n’est pas heureux en ménage, mais dans le même temps, je l’encourage à rester en ménage, surtout pour ses enfants.
    Je désire avoir un enfant, mais dans mon pays la FIV n’est pas opérationnelle et nos emplois ne nous permettent pas de prendre un congé pour faire un enfant avec une assistance médicale. Nous sommes obligé d’utiliser la méthode manuelle (avec une seringue, juste après le rapport).
    Depuis que je connais mon statut, je vois la vie différement et réagis differement aux situation de la vie.
    J’ai parfois l’impression que ma sérologie m’a ouvert les yeux sur ce qui est important ou non.
    Et le plus important, je pense c’est notre amour pour nos proches. Comment nous le leur témoignant, comment nous réagissons.
    Aussi, j’aide mon entourage direct ou indirect, en matière de sensibilisation et prévention.
    J’ai souvent contacté Sida Info Service et je ne puis que leur dire un grand merci pour leur soutien et support.
    La vie n’est pas finie, mais elle doit avoir un meilleur sens.
    Nous somme notre premier médecin avant le médecin, car notre santé, dépend avant tout de notre comportement (vie de tous les jours, alimentation, vie sexuelle, protection des autres).
    Que dire pour terminer, sinon, que vous n’êtes pas seule et que la vie continue. Qui sait….la science évolue et en attendant: veillons

  7. Par cécile le 12 mai 2014

    Cela fait 10 ans que je suis séropo, je l’ai appris la veille de mes 20 ans et c’est la première fois ce soir que j’ai appelé sida info service et que je consulte des témoignages .
    Moi aussi Marie mon premier amour a fendu mon mental et orienté ma vie avec ce sceau de la maladie . moi aussi jy ai puisé de la force mais moi aussi, je n’arrive plus à être heureuse…ma vie amoureuse et ma liberté sont à jamais annihilé et la dstruction de l’estime de soi est immense .

    Usager hebdo de cocaine + alcool / délire sexuel sous effet du produit et parallèlement réussite professionnelle + artistique .
    La dichotomie de mon existence vient de cette maladie qui marque ki je suis, ma soif permanente d’oublier et de perdre conscience vient de ma douleur intérieur : mon âme qui hurle à l’injustice et contre le fait ke par naiveté, toute une vie change

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