Le Blog sida Éclairages sur la séropositivité et l’épidémie de sida

Revue de la littérature

21 juillet 2009 par Alain |

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Hugues Fischer, du Collectif TRT-5*, rend compte chaque jour de la 5ème Conférence IAS 2009

Première journée de conférence. La première plénière a planté le décor : les thèmes essentiels qui ressortent sont bien ceux de l’actualité de la recherche. Ainsi ont été développés les « traitements comme prévention »,  les résultats des études génomiques, la prévention de la transmission mère-enfant et l’état inflammatoire chronique dû au VIH.

Traitements comme prévention

Quand faut-il démarrer un traitement si l’on tient compte des nombreux résultats cliniques montrant un réel bénéfice à ne pas attendre la dégradation de l’immunité, mais aussi en regard du bénéfice que représente l’idée qu’un traitement efficace et bien toléré permet de réduire le risque de transmission ? Si cette idée de traiter plus tôt l’infection est assez facile à aborder dans les pays riches, elle devient tout aussi pertinente au sud, surtout depuis que certains chercheurs se sont lancés dans des modélisations tendant à montrer que l’application d’un traitement au plus grand nombre pourrait aboutir dans un temps pas si lointain à l’éradication de l’épidémie. Citant George E.P. Box, un des plus grands statisticiens du XXe siècle qui disait « toutes les modélisations sont globalement fausses mais certaines d’entre elles sont utiles », Reuben Granich, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a tenté de convaincre son auditoire que cette hypothèse était suffisante pour inciter à se lancer dans cette aventure. Il n’en reste pas moins que pour traiter il faut d’abord dépister…

Etudes génomiques

La recherche de facteurs génétiques comme cause de la progression plus ou moins rapide de la maladie ou du succès des traitements commence à produire des résultats intéressants. Mais ce qui reste encore assez problématique, c’est l’interprétation de ces résultats. La grande majorité des gènes en cause se situe surtout dans le chromosome 6, dans la région qui porte les gènes du système HLA, cette carte d’identité de la personne. C’est surtout au niveau de l’évolution de la maladie que les interprétations sont encore assez audacieuses car les résultats de différentes équipes, s’ils s’accordent sur l’identification des gènes, ne donnent pas toujours des réponses concordantes. La situation semble un peu plus claire au niveau des traitements où plusieurs applications ont déjà été développées notamment pour ce qui concerne la tolérance à certains antirétroviraux.

Prévention de la transmission mère-enfant

La prévention de la transmission mère enfant reste un sujet de préoccupation sensible pour les pays du Sud. L’insuffisance d’implémentation de techniques pourtant éprouvées au Nord, la différence de contexte sanitaire avec les pays occidentaux lorsqu’on se penche sur la question de l’allaitement, restent encore très préoccupants. A cela s’ajoute aussi la mortalité des mères qui, ayant bénéficié de méthodes de prévention de la transmission à leur nouveau-né ne disposent pas forcément pour autant d’un traitement pour elles-mêmes. Des recherches plus fondamentales se poursuivent aussi sur ce thème afin de comprendre les mécanismes de transmission avant l’accouchement. En effet, la prévention de la transmission a fait l’objet depuis fort longtemps de recherches en clinique mais la compréhension des mécanismes n’était alors pas établie. Elle devient de plus en plus intéressante notamment afin de mieux comprendre le rôle que jouent là les antirétroviraux.

Etat inflammatoire chronique

Wafaa El Sadr propose quant à elle d’abandonner la traditionnelle dénomination de « phase asymptomatique » qui qualifie la période entre la primo-infection et le stade sida. En effet, les connaissances actuelles sur l’état inflammatoire chronique provoqué par l’activité virale, aussi bien que l’activation immunitaire chronique qui en résulte, ne peuvent décidément pas, selon la chercheuse, être plus longtemps qualifiés d’asymptomatiques. En effet, on sait maintenant très bien à quel point cette phase est délétère pour l’ensemble du corps et comme elle s’accompagne progressivement de nombreuses complications. Il est donc temps de passer à une dénomination de phase chronique inflammatoire qui serait plus conforme à la réalité.

*Le TRT-5 rassemble huit associations de lutte contre le sida : Actions Traitements, Act Up-Paris, Aides, Arcat, Dessine Moi Un Mouton, Nova Dona, Sol En Si et Sida info Service.

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