Le Blog sida Éclairages sur la séropositivité et l’épidémie de sida

Pas de place pour l'homophobie

19 janvier 2009 par Alain |

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Le Programme des Nations unies sur le sida déplore la condamnation à huit ans de prison par la justice sénégalaise de neuf homosexuels, estimant que l’homophobie ne contribue en rien à freiner l’épidémie de sida dans le pays. Il n’y a pas de place pour l’homophobie. L’accès à des programmes de prévention du VIH, à des traitements, à des soins et à un soutien doit être garanti à toute personne qui en a besoin au Sénégal, a déclaré le directeur exécutif d’Onusida, Michel Sidibe.

Dans un communiqué, le Conseil national du sida (CNS), dénonce lui aussi cette décision des autorités judiciaires sénégalaises qui porte gravement atteinte aux droits élémentaires des personnes, apparaît nuisible en termes de santé publique et constitue un signal politique désastreux à l’échelle du continent africain.

La discrimination et, en l’espèce, la criminalisation de n’importe quel groupe d’individus contribue au développement de l’épidémie en rendant ces groupes plus vulnérables, en dégradant leurs conditions d’existence, en entravant l’accès à l’information, à la prévention et aux services de santé, ajoute le CNS.

Le CNS demande au gouvernement français d’intervenir auprès du gouvernement sénégalais, pour obtenir l’annulation de ces condamnations et l’encourager à s’engager résolument dans une réforme du droit pénal visant à abroger toute disposition à caractère discriminatoire fondée sur l’orientation sexuelle.

Le professeur Delfraissy, au nom de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), se dit pour sa part profondément attristé par le recul des autorités sénégalaises depuis la Conférence de Dakar, où un prix avait été remis par la première dame du Sénégal à une équipe africaine de chercheurs travaillant sur l’homosexualité.

En freinant le droit de chacun à la liberté sexuelle, cette condamnation freine les efforts déployés, notamment en recherche, pour améliorer la prévention et la santé publique, écrit-il dans une lettre au coordonnateur du site de l’ANRS au Sénégal, le docteur Ibra N’Doye.

Sur son site, l’association AIDES a mis en ligne une pétition pour demander la libération immédiate des 9 hommes.

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