Marie, la séropositivité au quotidien
12 décembre 2008 par Alain |
Marie* est originaire de Côte d’Ivoire. Elle est allée à la fac de Strasbourg pour étudier l’histoire. Après être retournée dans son pays natal, elle est revenue en France depuis trois ans. Aujourd’hui elle a 36 ans et travaille comme agent de service. Jeune, pleine de vie et habillée à la mode, Marie ressemble à toutes les autres jeunes femmes de son âge.
Rien dans son apparence ne pourrait montrer que depuis 12 ans déjà, Marie est séropositive. Un mal qui la ronge. J’ai déjà eu la tuberculose, le zona, et une neuropathie. Ma vie de tous les jours c’est de prendre des médicaments. Les séropos, nous sommes de véritables cobayes. On teste les médicaments sur nous. C’est pour ça que j’ai dû changer cinq fois de protocole parce qu’ils ne me convenaient pas. J’ai du mal à supporter les effets secondaires des médicaments. Mais je peux difficilement me plaindre, c’est pour notre bien.
Le protocole qu’elle suit en ce moment semble être le bon. Son état physique se stabilise progressivement. Mais pour Marie, le plus dur c’est ce qui se passe dans la tête. Quand on n’est pas fort psychologiquement, on n’y arrive pas. Ma famille est au courant de ma maladie. C’est d’ailleurs elle qui me fait tenir.
« Ca peut arriver à tout le monde »
Marie ne sait pas comment elle est devenue séropositive. A cause de relations sexuelles non protégées ? Marie a toujours utilisé un préservatif avec ses partenaires. Dans sa vie, elle n’a eu qu’une seule transfusion sanguine. Ca peut arriver à tout le monde. La maladie ne prévient pas. Le plus efficace, reste encore de se protéger. Je parle du VIH autour de moi, beaucoup de gens ne savent pas ce que c’est.
En Afrique où elle a vécu avec son fardeau, la situation était encore plus difficile. Nous n’avons pas du tout les mêmes soins qu’en France. Les gens sont tellement pauvres qu’ils doivent changer de traitement en fonction des arrivages de médicaments. Là bas je me suis battue pendant sept ans dans l’association Amepouh, qui veut dire « Nous vaincrons ». Mais je ne peux même pas retourner de temps en temps en Côte d’Ivoire pour aller la soutenir.
La rage de combattre
En effet, Marie a la peur au ventre que les autorités françaises lui disent qu’elle peut bien vivre dans son pays natal puisqu’elle peut y retourner ponctuellement. Sa carte de séjour n’est valable que pour un an. Et son renouvellement est chaque année un parcours du combattant. J’ai peur aussi que la préfecture ne renouvelle pas ma carte de séjour parce que je ne serais en France que pour disposer de la carte vitale, sans laquelle je ne peux pas accéder aux soins. J’ai déposé mon dossier de renouvellement il y a trois semaines, je suis dans l’angoisse de l’attente.
Mais Marie ne baisse pas les bras. Elle a cette rage de combattre qui la fait aller de l’avant. Militante à l’association Aides en Alsace, elle lutte pour les autres. Je suis réaliste, le traitement ne sera pas pour demain. J’ai eu ma vie, elle est terminée. A présent je me bats pour les générations futures. Les recherches avancent à pas de tortue et il faut faire bouger les choses pour que l’on trouve enfin le vaccin efficace.
Aurélien Thirard
*Le prénom a été modifié
Crédit photo : © Geneviève Engel
3 réponses à l'article “Marie, la séropositivité au quotidien”
Par Jay le 19 décembre 2008
Bcp d courage a toi Marie!Je shterai ke tu parles a une d mes proches sero.merci!
Par stephanie le 4 janvier 2009
du courage mamam je peux vous apller maman dieu n’adanbonner par sont enfant soie forte et dieu feras le reste ‘ bisous dieu vous benisse
Par raissa le 6 février 2009
euh, cest koi le protocole??? franchement je trouve que tout se passe dans la tete. moi je sui sero depuis 21 ans (depuis bébé je lai eu par le lait maternelle) et poutant jai pas encore fait la maladie. il faut dire que jai la rage de vaincre et de vivre. mais maintenant, jai peur. parceque je crois que jai contaminé l’homme que jaime et jai peur pour lui.et je croi que notre plu gran enemie, cest cette peur que nous avons de la maladie.