Le Blog sida Éclairages sur la séropositivité et l’épidémie de sida

ICASA 2008 : Comment va le financement ?

5 décembre 2008 par Alain |

ICASA_jeudi_001.jpg

En quelques années, le financement de la lutte contre le sida dans le monde est passé de quelques centaines de millions de dollars à plus de dix milliards en 2007. Un effort significatif que Michel Kazatchkine, directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, explique par des raisons politiques, que l’on pourrait presque qualifier de philosophiques, et d’autres, plus techniques.

Au cours des années 2000, la santé des populations a cessé d’être considérée comme un facteur de dépenses mais comme une source d’investissement et de développement. Les projets montés pour venir en aide aux personnes séropositives dans les pays du Sud ont montré leur faisabilité et les résultats ont été à la hauteur. Dans de nombreux pays, une baisse de la morbidité a suivi.

D’un point de vue technique, de nouveaux outils de financement sont apparus. La création du Fonds mondial en 2002, le PEPFAR en 2003, le lancement d’UNITAIDS en 2005. A ces financements publics se sont ajoutées des initiatives privées comme, par exemple, l’opération « Red ». Lorsqu’un produit identifié est vendu dans un magasin certifié, une partie de l’argent récolté va automatiquement à la lutte contre le sida en Afrique.
 
Ces stratégies internationales, et la mobilisation de la société civile à laquelle Michel Kazatchkine a rendu un hommage appuyé pour s’être insurgée contre les inégalités des soins entre le Nord et le Sud, ont permis de faire passer le nombre de personnes traitées aux ARV de 250 000 en 2002 à 3 500 000 en 2008.  

Mais quid de l’avenir ? La crise financière actuelle ne risque-t-elle pas de réduire les budgets et d’interrompre des programmes ? Michel Kazatchkine se veut « prudemment optimiste ». Le directeur du Fonds mondial pense que les pays du Nord n’oseront pas rompre des contrats signés sur le long terme dans le cadre de partenariats, une formule qu’il souhaite d’ailleurs voir se développer. 

En conclusion, Michel Kazatchkine s’est un peu éloigné du contexte financier pour rappeler que la lutte contre le sida passait aussi par la promotion des droits de l’homme. Des droits, a-t-il rappelé, qui recouvrent le respect du droit à la différence, l’accès aux soins, la protection sociale et au meilleur des connaissances médicales acquises dans le domaine du VIH/sida.

Crédit photo : © Alain Miguet

Ecrire un commentaire