Le Blog sida Éclairages sur la séropositivité et l’épidémie de sida

AIDS 2008 : En attendant la conférence… (3/5)

28 juillet 2008 par Alain |

Aids 2008

La 17ème Conférence internationale sur le sida se déroule à Mexico du 3 au 8 août 2008. Découvrez les témoignages d’acteurs associatifs et de médecins impliqués au quotidien dans la lutte contre le sida. Aujourd’hui, Julien Makaya, secrétaire général de l’association Serment Merveil, au Congo Brazzaville.(3/5)

Serment Merveil est une ONG spécialisée dans la prise en charge psychologique et sociale des personnes infectées et affectées par le VIH. Elle a la responsabilité au niveau national de former les intervenants et d’assurer le contrôle de qualité de toutes les structures qui interviennent dans ce domaine.

En attendant les résultats d’une enquête épidémiologique en cours, nous nous référons à l’enquête de 2003 pour estimer à 120 000 ou 130 000 le nombre de séropositifs au Congo Brazzaville (4, 2 % de la population). Toutefois la disparité est grande d’une province à l’autre. A l’extrême nord du pays, la séroprévalence est de 1 %  alors qu’au sud-ouest du pays, dans la région de Lékoumou, elle est de 10 %.

Les autorités ont accompli des efforts importants. Le dépistage du VIH chez l’adulte et les grands enfants est gratuit. La gratuité du traitement antirétroviral  a été décrétée par le chef de l’Etat et le gouvernement il y a plus d’une année déjà et nous sommes actuellement engagés dans un processus pour obtenir la gratuité de la prise en charge des infections opportunistes et des examens biologiques d’inclusion au traitement.

Cependant nous rencontrons de sérieux problèmes en matière de VIH/sida que l’on retrouve dans  de nombreux autres pays d’Afrique.  Il y a d’abord le problème des enfants qui ont été pendant longtemps la face cachée du sida. Aujourd’hui, les formes pédiatriques des médicaments ne sont toujours pas disponibles et le dépistage du VIH chez les nouveau-nés n’est possible qu’au niveau d’une seule ville du pays. Nous déplorons aussi des ruptures dans l’approvisionnement des antirétroviraux, ce qui n’arrange pas la situation des malades.

Nous devons aussi aider la société civile à se professionnaliser. Souvent les bailleurs de fonds financent seulement des activités de terrain sans apporter un appui institutionnel aux associations. Or nous travaillons avec des professionnels qui doivent être payés. Cette attitude des partenaires financiers n’aide pas les associations à avancer. Lorsque vous arrivez au terme d’un projet, le personnel n’a plus ni travail ni revenus. La tentation est grande pour eux de rejoindre des organismes internationaux qui leur proposent des salaires plus conséquents. Les associations se retrouvent dans une situation où elles doivent éternellement former de nouveaux acteurs de terrain pour animer les activités. C’est un véritable problème.

J’attends donc de la conférence de Mexico plus de mobilisation en faveur des malades. Il est très important que l’on mette un accent particulier sur la prise charge du sida pédiatrique. On a souvent passé beaucoup de temps à travailler sur la question de la prise en charge du sida chez les adultes en oubliant les enfants. Par ailleurs, les financements au niveau du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme doivent être poursuivis. La mobilisation et les moyens ont permis l’accès au traitement gratuit pour les malades. Il faut continuer pour que les pays du Sud aient accès à la prévention et que les personnes infectées obtiennent une prise en charge de qualité.  

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